Utale, la création d’emploi dans 3 villages.

Notre animateur Chintaman Utale, originaire du village tribal de Chawand, a initié un projet coopératif laitier, donnant du travail aux agriculteurs de son village et de deux villages voisins. 

Chintaman Utale, animateur de V.C.D.M, vit dans un village tribal montagneux appelé Chawand, où il a initié la création d’une coopérative d’agriculteurs. L’objectif de ce regroupement est de vendre de façon collective le lait produit dans leurs fermes respectives. 80 fermiers font partie de cette structure, ils viennent de Chawand et des villages environnants. Grâce à cette initiative, tous les mois et demi, le groupement gagne 200 000 roupies (environ 1880 euros), c’est un complément de revenu très intéressant pour les fermiers. Avant ce projet, il était impossible pour les fermiers de transporter leur lait individuellement vers les laiteries. Maintenant ce sont les laiteries qui viennent chercher le lait.

Ubhe and Kamble, la construction d’un pont, un moyen pour ses habitants de se connecter au monde.

Dans le village de Kolawade, un hameau défavorisé était coupé du monde pendant la mousson. Les enfants risquaient leur vie pour aller à l’école. Les animateurs Ubhe Bai et Kamble Bai se sont battues pendant quatorze ans pour la construction de ce pont.

Quatre mois par an, pendant la saison des pluies, une des localités de Kolawade (ancienne localité intouchable) était coupée du monde du fait de la montée des eaux. Aucun moyen de se rendre dans des hôpitaux etc, sauf au prix de sa vie. Pendant 14 ans, les habitants de Kolawade, aux côtés  de Ubhe et Kambale animatrices de V.C.D.M, se sont battus ensemble pour voir la réalisation de ce pont. La classe supérieure contrôlant l’ensemble du village était contre ce projet et fit tout pour qu’il ne voit jamais le jour. Le combat fut fondateur pour le village, les habitants ont pris conscience de leurs droits, de leur dignité et surtout de leur pouvoir d’agir collectivement. Maintenant, les villageois peuvent aller et venir  à leur village tout au long de l’année.

Waghire et son projet de gestion des eaux

Notre animateur Waman Waghire, du village tribal Kohor, a lancé un projet de gestion de l’eau pour s’attaquer aux problèmes de l’épuisement des niveaux des eaux souterraines et de l’érosion rampante des sols. Les résultats : augmentation des eaux souterraines, restauration des sols et donc accès à l’eau potable ainsi qu’ à l’eau nécessaire pour l’agriculture.  

Depuis plusieurs années les villageois de Kohor constataient une érosion des sols, ainsi qu’un asséchement des puits et des rivières. Une situation très préoccupante pour une économie entièrement basée sur l’agriculture. Pour répondre à ce problème, Waghire, animateur de VCDM, initia un projet de construction de petits barrages, fossés afin de recueillir l’eau pluviale qui s’écoule des montagnes. Il réussit à mobiliser 700 villageois, qui s’investirent bénévolement à la construction de ces barrages. Cette mobilisation fut un vrai challenge pour l’animateur Waghire, car elle seule pouvait assurer le succès de ce projet. Pendant plusieurs mois, Waghire rencontra individuellement les villageois afin de leur faire prendre conscience de l’importance de ce projet. Après l’échec de plusieurs projets de développement portés par les partis politiques locaux, il était essentiel de créer un sentiment de confiance envers ce projet, afin de consolider la communauté villageoise autour de celui-ci. Depuis la réalisation de l’ensemble des constructions, les villageois constatent que le niveau d’eau des nappes phréatiques ainsi que des cours d’eau ont drastiquement augmenté, par ailleurs, il n’y a quasiment plus d’érosion des sols.

MUKTI, l’émancipation économique des femmes rurales

Le projet Mukti enseigne la couture aux femmes villageoises et leur donne accès au marché national et international.

Les habitants de la région montagneuse de Mulshi, Mawal ( Etat du Maharashtra) sont pour la grande majorité de petits agriculteurs, qui cultivent principalement le riz. Cela les rend dépendants de la mousson, le reste de l’année, les agriculteurs manquent d’eau et ne sont pas en mesure de cultiver. Leurs récoltes sont essentiellement destinées à leur auto-consommation, seuls certains en vendent une partie.

Pour subvenir aux besoins de la famille, le mari trouve souvent un travail peu qualifié dans une entreprise à quelques kilomètres de son domicile. Pendant ce temps là, les femmes vaquent à leurs occupations domestiques.

Les femmes ont en moyenne 3 à 4 heures de libre par jour, mais elles ne disposent d’ aucun moyen de transport pour se déplacer hors de leur village, à part le bus, qui est long et aléatoire. La grande majorité des femmes n’ ont jamais travaillé de leur vie (hors foyer), elles sont dépendantes financièrement de leur belle-famille.
Le projet MUKTI est un projet de formation à la couture qui leur permet de travailler de chez elles, à leur rythme et selon leurs horaires. Les femmes ont la volonté d’utiliser ce temps libre afin d’acquérir une indépendance.

Shejwal s’est battu pour l’accès de son village aux équipements de base

Dans le village de Dongargaw, de nombreux hameaux étaient privés de routes, d’électricité et d’eau potable. Grace à l’animation de Shidu Shejwal, beaucoup de ces hameaux possedent desormais ces équipements de base.

Shidu Shejwal est un résident du village de Dongargaon. Le village est situé dans la région montagneuse de Mawal dans le district de Pune. Le village et ses environs se composent de différents hameaux répartis dans une région vallonée. Beaucoup de ces hameaux sont dépourvus d’équipements de base car ils sont situés dans des zones isolées géographiquement. Quelques exemples de ces hameaux sont l’oued Laygude, l’oued Bhanjar, l’oued Shejwal, l’oued Bodke, la zone du temple Waza devi. Grâce aux efforts de Shejwal, un réseau de petites routes a été construit avec les fonds du gouvernement, reliant tous les hameaux à la route principale de Kolvan et les uns aux autres. Cela a rendu possible la locomotion et l’utilisation des véhicules dans la région.

Shejwal, avec le soutien des villageois, a facilité la création du bureau gouvernemental de Talathi dans la région de Kolvan, rendant l’accès à l’administration et la résolution des problèmes beaucoup plus simple. Avant, les habitants devaient se rendre dans un village éloigné appelé Righwe pour réaliser leur travail administratif. En raison de la géographie vallonée, il y avait un grave problème d’approvisionnement en eau dans ces hameaux. Grace au travail de Shejwal, la construction de réservoirs d’eau, de puits de forage, de canalisations et de robinets a changé fondamentalement la vie de leurs résidents.

Layghule bai et l’accès à l’eau potable

Pour résoudre le problème pressant du manque d’eau potable dans le village d’Ajiwali, Bababai Laygude a initié le  d’un grand étang en bas d’une colline afin de stocker l’eau de pluie de la mousson. Pour pomper cette eau vers le village, les villageois utilisent une pompe à énergie solaire.

Dans le village d’Ajivali, l’approvisionnement en eau n’était disponible que six mois par an. A mesure que les ruisseaux de mousson se tarissaient, le village entrait dans une situation de sécheresse. Laygude Bai a entrepris de changer cette situation avec les habitants. Elle a accompagné les habitants de A à Z. Sous la guidance de Laygude, les habitants ont pris ensemble la décision de construire un grand étang au sommet de la montagne pour collecter et préserver les eaux de la mousson. Ce grand réservoir d’eau permettrait au village d’avoir accès à l’eau potable pendant toute l’année.

La question du pompage de l’eau de l’étang à au village posa question. Les habitants sont arrivés à la conclusion, grâce à de l’animation de Laygude Bai, que l’énergie solaire était une bonne option. Cela était non seulement une solution financièrement viable pour les villageois mais aussi une solution respectueuse de l’environnement. Après une série de rencontres et de dialogues au sein des villageois, l’équipe de V.C.D.M a approché une ONG experte dans le domaine de l’énergie solaire. Aujourd’hui, les villageois d’Ajiwli pompe l’eau grâce à l’énergie solaire, par essence durable. La pénurie d’eau dans le village a disparu.

Campagne anti-corruption de Shinde dans le village de Nirwangi

Notre animateur Shankar Shinde, à travers son animation, a participé à rendre publique et à éliminer la corruption qui sévit au sein des magasins alimentaires rationnés ainsi qu’au sein de l’hôpital gouvernemental.

Selon la politique gouvernementale, la nourriture rationnée est mise à la disposition des citoyens et des communautés économiquement défavorisés. Des services médicaux gratuits ou abordables sont aussi mis à disposition de ces personnes. Ces services sont particulièrement importants dans les zones rurales. Malheureusement, ces efforts du gouvernement sont sabotés par la corruption locale.

Dans le village de Nirwangi, à Indapur taluka, le magasin d’alimentation rationné facturait des prix excessifs, et refusait de vendre la nourriture aux bénéficiaires pour vendre les céréales sur les marchés noirs. L’hôpital gouvernemental, qui était censé ne facturer qu’une seule roupie, facturait en réalité des frais beaucoup élevés.

Les chômeurs, les travailleursjournaliers et les paysans journaliers gagnant un salaire de misère, 250 roupies, ils ne pouvaient donc pas accéder aux traitements médicaux. Shankar Shinde, un habitant du village de Nirawangi et un animateur du V.C.D.M, a décidé de lutter contre cette corruption. Qu’il s’agisse d’animer les gens, d’élever sa voix au sein des instances locales, d’organiser des grèves avec les autres villageois, d’impliquer la presse, de rencontrer des hauts-fonctionnaires, Shinde a tout fait en son pouvoir pour rendre publique et combattre cette corruption.

Sa persévérance a porté ses fruits. La licence du magasin de rationnement a été révoquée par le gouvernement. Le collecteur (haut fonctionnaire) a réorganisé la structure des frais de l’hôpital gouvernemental. Aujourd’hui, les villageois de Nirwangi reçoivent de la nourriture rationnée conformément à la loi et bénéficient de services médicaux abordables dans l’hôpital gouvernemental.

Cependant, ce processus n’a pas été sans difficultés voir sans risques. Pour le punir de son engagement militant au sein du village, plusieurs membres du villages ont essayé de l’assassiner, lui et sa famille. Mais Shinde et sa famille ont combattu, ils restent forts, la tête haute.

Life story

Kusum, de l’oppression à l’activisme.

A sa naissance, Kusum a été nommée Nokushi (indésirable) par son père et son oncle car ils ne voulaient pas de fille. Son oncle a décidé de l’enterrer dans le jardin avec le placenta. C’est sa mère qui l’a sauvée. Kusum a grandi dans la pauvreté absolue, au sein d’une communauté défavorisée, celle des intouchables. Elle a pu aller pendant 1 an à l’école, à l’âge de 6 ans elle élevait le bétail dans les montagnes. Son instituteur lui donna le nom de Kusum.

Bien plus tard, elle entra en contact avec des animateurs de VCDM et commença à se rendre aux réunions du VCDM. Là-bas, elle apprit l’importance de l’éducation, de la sensibilisation, du dépassement de sa peur ainsi que du développement des compétences. Elle commença à prendre conscience d’elle-même et progressivement développa sa personnalité, ainsi que ses qualités qui ne s’étaient pas exprimées jusqu’à maintenant. Inspirée par les animateurs, à l’âge de 30 ans, elle réussit l’examen du quatrième standard (équivalent du CM2 en France) et devient institutrice au sein du jardin d’enfants de son village. Elle fut la première femme à y parvenir au sein de sa communauté. Un jour, alors qu’elle enseignait au enfants au sein du temple du village, certaines personnes du village vinrent l’attaquer car elle était une femme de caste inférieure, d’après eux, elle polluait le temple.

Ils lui lancèrent des briques, ils déchirèrent ses vêtements. Traumatisée par l’incident, Kusum ne savait pas quoi faire, mais elle décida de se battre pour la justice. Elle devint l’une des premières femmes de sa communauté à lutter, avec succès, pour ses droits. Elle poursuivit ses agresseurs en utilisant la loi de 1984. Les animateurs de V.C.D.M étaient là, derrière elle, comme un pilier. Suite à cet incident et au dépôt de sa plainte, Kusum a été ostracisée par l’ensemble de son village. Mais elle était déterminée, et continua à consacrer sa vie à résoudre et à accompagner les femmes dans leur émancipation et la résolution de leurs problèmes. Elle s’est battue, et se bat encore aujourd’hui, pour le développement socio-économique de son village et des villages alentours. Aujourd’hui, elle est l’épine dorsale de son village et une source d’inspiration pour la jeune génération de son village.

Veuillez lire son témoignage dans ‘Qui nous-sommes?’

Life story

Laygude, trouver son identité et inspirer le village

Après la mort de son mari, Bababai Laygude comprit que sa présence n’était pas désirée par sa belle-famille. Maintenant qu’elle était veuve, elle n’ était « personne » au sein de la maison familiale, elle n’avait plus d’identité. Sa belle-famille a tout fait pour lui arracher ses droits et se débarrasser d’elle. Babai était aussi persécutée car elle était la mère de 3 filles, elle n’avait pas eu de garçon. Elle était incapable d’endurer plus longtemps cette situation, alors un jour, elle emmena ses trois filles au barrage de Pawna, situé près de son village pour se suicider. Elle resta un long moment assise sur le rebord du barrage, mais elle ne put se résoudre à noyer ses filles.

Peu de temps après cet incident, Laygude Bai assista à une réunion dans son village animée par des animateurs de V.C.D.M. Elle avait peur et était incapable de dire son nom mais quelque chose de cette réunion resta en elle, autre chose était possible. Elle continua donc à se rendre aux réunions.

Bientôt, elle comprit à travers l’exemple d’autres animateurs que si elle ne peut pas penser par elle-même, s’éduquer, développer sa conscience et son courage, elle ne pourra pas changer sa situation. Elle participa à de nombreux workshop « d’auto-éducation » organisés par V.C.D.M et comprit qu’elle était un être d’intelligence, de courage, qu’elle avait les capacités ainsi que les qualités mais qu’il fallait « les réveiller » seule, et avec l’aide des animateurs. C’est le chemin qu’a entrepris Laygude. Non seulement elle a revendiqué ses droits en tant que veuve et a élevé avec succès ses filles qui sont maintenant des femmes instruites et indépendantes, mais elle joue maintenant, en tant qu’animatrice, un rôle crucial dans le développement socio-économique de son village.

Veuillez lire son témoignage dans ‘Qui nous-sommes ?’

Life story

Manda, la transformation d’une femme confinée à la maison à une membre active du village.

Avant V.C.D.M, ma vie était assez étriquée, je m’occupais des enfants, et je cuisinais, c’est tout ! Je n’avais jamais mis un pied dans l’assemblée locale de mon village, pas plus qu’à une réunion à caractère social. Je n’avais pas le courage.
J’ai décidé, il y a quelques années de rejoindre un des groupes micro-économique initiés par une personne de mon village, aussi animatrice de V.C.D.M. Ce groupe était réservé uniquement aux femmes, c’était alors l’occasion de parler de nos joies, ainsi que de nos peines. Parfois, on s’attardait sur certains sujets comme la santé, les tabous, l’éducation des femmes. Des sujets proches de nos cœurs, mais malheureusement nous n’avons pas d’espace pour en parler ! Ces dialogues donnèrent confiance aux femmes, les langues se délièrent. Ensemble, nous nous sommes éveillées à nous-mêmes. J’ai commencé, accompagnée des autres femmes, à assister régulièrement à l’assemblée parlementaire villageoise ainsi qu’à des rassemblements aux problématiques sociales.

En 2015, j’ai décidé de rejoindre l’association V.C.D.M. Tous les mois, je me rendais à Pune pour rencontrer les autres animateurs de l’association. Ils commencèrent à me former pour à mon tour animer de telles réunions dans mon village. J’ai commencé à apprécier ces réunions. Rentrée dans mon village, c’était mon devoir de partager avec les autres femmes les nouvelles idées, les conclusions qui avaient émergé au cours de nos réunions à Pune.

Nous étions avant très rétives à l’idée de réaliser l’ensemble des tâches administratives. Aujourd’hui, nous avons compris que c’est nécessaire, tout d’abord pour exercer notre profession de fermier, puis pour revendiquer nos droits, accéder à des programmes du gouvernement.

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Address : 884 Rairkar Bungalow, Deccan Gymkhana’411004 Pune, Maharashtra,India

E-Mail : vcdmindia@gmail.com

Telephone :
Kanad Joag 9421643636
Pauline Charriot 9075491765

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